Desperate Singles

Les DS : You're gonna love them...

01 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Les matines sonnent, alors que Peu détale dans la forêt…

Episode 4 : Est-ce que Dieu en veut à ceux qui quittent sa maison ? Ne doit-il pas montrer le chemin aux brebis égarées ? Peu se sent plus brebis que jamais. Cela fait deux jours qu’elle marche sans but pour fuir son couvent, et la forêt lui était moins hostile que ces immenses champs vides. Elle a pu y dormir sur de la mousse, se gaver de fruits sauvages, et manger des racines pour subsister. Son ventre gargouille violemment maintenant. Elle se prend à rêver de la bouilli d’avoine qu’on sert aux sœurs au petit-déjeuner. Si ça continu, elle devra courir après un mulot… Cette idée lui donne un haut-le-cœur. Elle entend un bruit au loin. Un ronronnement. JesusMarieJoseph. Une voiture ! C’est une voiture ! Peu court de toutes ses forces en murmurant des « Pater Nostre » (On ne sait jamais...!) Dieu ne l’a peut-être pas quitté…56530167Elle la voit. Une camionnette rouge ! Le moteur crache. Peu court en apnée. Elle est bleue. Elle n’arrive plus à respirer. Son visage est presque violet maintenant. Sa vue se brouille. Tenir encore quelques minutes. Arriver au tournant avant la voiture. Peu perd un chausson. Elle ne s’arrête pas. Elle continuera à quatre patte si Dieu le veut ! La camionnette ralentie pour s’engager dans le virage. Elle gémit. Dans un dernier sursaut, Peu se jette par-dessus la haie et s’écrase dans le ravin. La chute est violente. Ses muscles se détendent. Un voile froid la parcourt. Il fait noir.

22 mars 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Peu agrandit sauvagement ce trou à l’aide de son crucifix, puis se glisse de l’autre côté du mur. Dans moins d’une heure, les matines sonneront. Il ne faut pas perdre de temps…

Sainte_NitoucheEpisode 3 : Il fait sombre. Les mains de Peu glissent contre le mur de pierre. Ses doigts se perdent dans les fentes puis accrochent une poignée. Celle-ci lui résiste. Peu retire une épingle de ses cheveux et la déplie. Elle s’est entraînée de longues heures sur la porte des douches, celle-ci ne lui résistera pas., foi de Peu !… *Clic*. Le tintement de la liberté. Le vent s’engouffre sous sa robe. Peu ouvre grand ses yeux verts. Le jardin s’offre à elle. Fragile et calme. Complice. Ses pieds sont surpris par la rosée sur l’herbe verte. Elle enfile ses chaussons et cavale à travers les rosiers. Elle passe devant le potager et se faufile derrière la cabane en bois. Là, elle s’arrête 2sec pour reprendre son souffle. Les Matines vont bientôt sonner, les Mères supérieures s’apercevront bien vite de son lit vide. Et alors là, elle devra déjà être sortie. S’enfuir. Le plus loin possible. A Paris peut être. Elle soupire. Des pas secs dans la cour la sortent de ses rêveries. Le Père Mathieu monte au clocher. Il va sonner les matines. Peu court courbée derrière les hais de cyprès. La sortie est juste là, au bout du jardin. Elle le sait. Elle l’a vu. Elle ne pense qu’à ça depuis deux jours. Le chêne centenaire a croulé sous le poids du vent lors de la tempête de vendredi, emportant avec lui un morceau du mur. La brèche est juste assez grande pour y glisser une enfant de 20ans. Ils n’ont pas eu le temps de la reboucher, mais cela ne tardera pas. C’est maintenant ou jamais. Elle le sait. Ses muscles se raidissent. Elle aperçoit l’énorme tronc. Un tintement timide de cloche se fait sentir. Le père Mathieu prend son élan. Peu court le long de l’écorce rugueuse. La brèche n’est plus qu’à quelques pas. Un deuxième son plus distinct se perçoit. Le mur est là. Peu jette son baluchon de l’autre côté. Elle soulève sa chemise de nuit, escalade de grosses pierres et se glisse dans la fente. La caillasse lui griffe la peau et élime le tissu de son manteau. Tout ça n’a plus d’importance maintenant. Elle est libre ! Les matines sonnent, alors que Peu détale dans la forêt…

20 mars 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Mère Agnès monte vers elle. Son pas est lent mais régulier. Peu ne peut ni descendre ni remonter sans se faire voir. Elle se fige. Son sang lui brûle les veines. Elle se pince les lèvres. Un miracle. Mon Dieu. Un miracle…

Episode 2 : Convent Break

Soudain, une porte claque en bas. Peu sursaute, les yeux rivés sur la Mère Agnès. Celle-ci tourne la tête, surprise. Elle regarde vers le bas des escaliers d’où vient le bruit… Le silence a repris. La mère prieure va pour continuer sa montée, se ravise et descend les marches en direction du bruit. Une suée froide parcourt le dos de Peu. Elle reste immobile encore quelques instants. Comme paralysée. Puis elle reprend la descente frénétique de ses petits pieds dans l’escalier. Elle tourne à gauche. La mère prieure est loin. Elle se glisse derrière une lourde porte en bois qu’elle referme avec précaution. Elle est à présent dans les toilettes communes du couvent. Peu compte les portes battantes. Une. Deux. Trois. Elle pousse le troisième battant et se jette à genoux devant la cuvette. De son baluchon, elle tire un crucifix et d’un geste assuré elle fait pivoter le christ de sa croix, laissant apparaître une pièce de monnaie, coincée dans une fente. Elle prend la pièce et s’en sert de tournevis pour déboulonner 200421864_001 la cuvette. Les six boulons à terre, la cuvette devient branlante. Peu retire alors prudemment son soutient gorge qu’elle accroche d’un côté à la cuvette et de l’autre à la poignée de la porte battante. Elle se lève, sort des toilettes et ouvre d’un coup sec la porte, tirant ainsi sur son soutient gorge. La cuvette s’écroule emportant avec elle un bout de mur. Peu agrandit sauvagement ce trou à l’aide de son crucifix, puis se glisse de l’autre côté du mur. Dans moins d’une heure, les matines sonneront. Il ne faut pas perdre de temps…

19 mars 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent:

Episode 1 : Il est cinq heure et demi quand Peu se réveille en sursaut. Ses camarades dorment encore dans le grand dortoir silencieux. Dans moins d’une heure, les matines sonneront. Il faut faire vite. Peu se redresse doucement sur son lit. Elle inspecte lentement la salle. Personne ne la verra. Elle glisse sa main dans sa taie d’oreiller et en tire une veste et un baluchon de drap blanc. Elle saisi ses chaussons et sort sur la pointe des pieds, son baluchon sur le cœur. Dans moins d’une heure, les matines sonneront. Il faut sortir d’ici. Les mères supérieures dorment à l’entrée du dortoir dans une chambre séparée. Leur porte est ouverte. Ne pas les réveiller. Se faire toute petite. Toute légère. Ne plus respirer. Un lit est vide. La Mère Agnès doit finir son insomnie a errer dans les couloirs du couvent. Ne pas la rencontrer… Le couloir est vide. Les pas pressés de
RL001233Peu claquent sur le sol froid. Sa chemise de nuit blanche se froisse contre ses cuisses. Un frisson la parcourt. Elle s’arrête près du grand escalier pour enfiler son manteau et cache sa longue tignasse brune sous la capuche. Son cœur palpite. Son regard s’arrête sur une fenêtre. Dehors, le jour se lève. Il faut faire vite. Peu agrippe un peu plus son baluchon et s’élance dans les escaliers. Elle trébuche sur une marche, manque de s’étouffer de peur, et s’immobilise. La mère Agnès est là, à quelques marches d’elle, un verre d’eau dans une main, le visage plongé dans la Bible. Elle monte vers elle. Son pas est lent mais régulier. Peu ne peut ni descendre ni remonter sans se faire voir. Elle se fige. Son sang lui brûle les veines. Elle se pince les lèvres. Un miracle. Mon Dieu. Un miracle…




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