Desperate Singles

Les DS : You're gonna love them...

05 août 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

Episode 14 : L’Exode part 2.

- Nan Philou… Arrête… Elle va nous entendre !…
- Elle ne va pas bouger du salon… Elle a un balai dans le cul cette nénette ! Allez…
- Phil…
Peu monte les yeux au ciel. Mon Dieu, pourquoi moi ?

Ses hôtes s’excitent déjà dans des râles bestiaux. Si seulement 6271_000244elle pouvait s’extirper de là avant la fin des entrées en matière… Si elle devait rester jusqu’à…jusqu’au bout de la « chose », elle le sait : son innocence ne survivrait pas. Il faut qu’elle sorte. Tout de suite. Sans être vue. Il faudrait qu’elle soit invisible. Quoi que…si elle parvient à éteindre la lumière, ils ne la verront pas sortir… Peu glisse un oeil derrière le rideau. L’interrupteur est de l’autre côté de la pièce. Il va falloir procéder avec finesse. Et vite par pitié. Margueritte grogne avec un entrain démesuré. Que peut-il donc bien lui faire ? Peu secoue la tête. Rester concentrée. Faire sauter les plombs ! Peu sourit de cette éclaire de génie. Efficace, elle vide le porte savon et le rempli discrètement d’eau. Elle ose un regard furtif derrière la toile. La prise est juste à côté, à hauteur d’homme, fermée par un clapet en plastique. Il va falloir être rapide. Elle s’assure que le couple est bien occupé, crache son chewing gum et s’en sert pour coller le clapet contre le mur, laissant ainsi la prise accessible. Philibert retire le bas. Peu se presse, elle attrape avec précaution le porte savon rempli et jette le liquide sur la prise qui émet un éclair furtif. Dans un bruit mat, la lumière s’éteint. Noir. Ni une ni deux, Peu sort de sa baignoire et se glisse hors de la salle de bain. Ses petits pieds courent à travers le couloir menant à la sortie. Elle ferme doucement la porte derrière elle. La nuit l’enveloppe, à la fois douce et menaçante. Peu est seule maintenant et ne peu compter que sur elle-même. Et sur Sainte Rita bien sûr.

02 août 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

Episode 13 : L’Exode part 1.

Peu ferme les yeux pour effacer cette vision d’horreur. Mais l’image de Margueritte et Philibert sur la table de la cuisine dans une position peu catholique reste imprimée sous ses paupières. Peu reste offusquée. Elle ne savait d’ailleurs pas que l’on pouvait faire cela dans ce sens là.

Fuir. C’en est trop pour une seule 200185563_001Peu. Partir le plus loin possible de cette campagne où la luxure et la dépravation se répandent comme la peste. Peu se sent mal, des petites étoiles dansent devant ses yeux. D’un geste guerrier, elle arrache le dernier morceau de chair de son poulet froid. C’est décidé, on ne l’y reprendra plus à côtoyer des gens de petites mœurs. Partir. Vite. Loin. Peu est prise d’un sursaut de panique. Elle veut profiter de leurs ébats pour emporter un nécessaire de survie. « Tu ne voleras point » lui a dit son Dieu, mais n’est-ce pas le même qui punit sévèrement le péché de luxure ? A choisir Peu préfère brûler vierge en enfer que mal baisée. Elle se choqua de sa propre pensée. Un nécessaire de survie. Il lui faut d’abord de quoi se soigner si elle vient à se blesser. Puisqu’elle ne peut désormais plus compter sur les autres, il faut qu’elle n’est besoin de personne. CQFD. Dans l’entrée traîne un grand sac à main en cuir. Peu s’en saisit et court à la salle de bain. Elle se passe un peu d’eau sur le visage, réajuste le col de sa nouvelle robe et grimace à son reflet dans le miroir. Décidemment, beaucoup trop décolleté. Elle vide le contenu du sac dans la baignoire et commence son kit de voyage : dentifrice, brosse à dent, coton, crème, Bétadine, Doliprane, pansements, Biafine, brosse à cheveux, savon, et une petite serviette de bain. Un paquet de chewing gum mentholé traîne sur le bord du lavabo. Et tant qu’à voler, Peu s’en prend un. Elle va pour sortir de la pièce quand des bruits de pas dans le couloir l’arrêtent. Margueritte glousse. Dans un mouvement de frayeur, Peu se jette dans la baignoire et tire le rideau de douche. Juste à temps. Le couple entre dans la salle de bain. Elle ne distingue que des ombres grossières à travers l’épais plastique fuschia (d’un goût des plus déplorables…) L’eau du robinet se fait entendre. Ils chuchotent tendrement. Peu est inquiète. L’eau s’arrête de couler. Margueritte rit comme si on la chatouillait.
- Nan Philou… Arrête… Elle va nous entendre !…
- Elle ne va pas bouger du salon… Elle a un balai dans le cul cette nénette ! Allez…
- Phil…
Peu monte les yeux au ciel. Mon Dieu, pourquoi moi ?

19 juillet 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

Episode 12 : Du voile de la pudeur tu te pareras.

Margueritte s’applique à retirer les boutons de la nuisette de Peu. Ses ongles longs lui grattent le dos. Peu se sent à la fois gênée et rassurée…Ce n’est qu’une femme.

Tout à coup Margueritte s’arrête. Image_1Elle s’éloigne de Peu, troublée. Elle passe une main sur son front moite.
- Je suis désolée.
Peu la regarde avec de grands yeux incrédules.
- Je vais me retourner pendant que vous vous déshabillez.
Peu s’exécute.
- Voilà, dit-elle quand elle a fini.
Margueritte se retourne et la contemple avec attention. Cette petite robe lui va parfaitement. Le tissu fluide danse sur son corps frêle. Margueritte a un sourire attendri, puis soudain fond en larme, visiblement très émue.
- Vous êtes si jolie…
Peu se sent gênée.
- Je suis désolée.
Peu ne comprend pas. Elle reste plantée là, impuissante.
- Vous me rappelez mon premier amour. C’est troublant.
Peu regarde au sol. Ses pieds nus grattent la moquette. Margueritte relève la tête et tente d’étouffer un sanglot.
- C’est pas grave, assure t-elle en hoquetant. Je vais me reprendre.
Elle essuie ses joues du revers de la main.
- J’entends Philibert en bas, descendez, je vous rejoins.
Peu tire sur les plis de sa robe et se dirige vers la porte de la chambre.
- Attends…
Margueritte la retient un instant. Des larmes salées strient encore son visage alors que ses yeux brillent d’un bleu étrange. Elle s’approche doucement de Peu, le souffle court. Peu n’ose pas bouger. Ses doigts se perdent dans le tissu de sa nouvelle jupe. Une peine infinie se dégage de Margueritte. Quelque chose comme de la mélancolie amère. Peu se sent touchée par cette femme. Dans un geste tendre et assuré, Margueritte dépose un baiser sur les lèvres de Peu, tendre et doux d’abord puis soudain plus osé et ferme. Peu se détourne, choquée. Un silence de gène s’installe. N’y tenant plus, Peu sort de la pièce en courant, le cœur battant. Elle dévale les escaliers et tombe sur Philibert.
- Je ne sais pas vous, mais ça creuse ces aventures… lance Philibert.
Peu le suit dans la cuisine, encore toute perturbée. De son immense frigo, Philibert sort une terrine, du poulet, une salade, des œufs durs, des carottes et du tzaziki, des pains surprises, de la mayonnaise, une motte de beurre et des radis… Peu sent une larme couler le long de sa joue. Alléluia. Un miracle. Une providence. Un cadeau de Dieu. Elle en danserait autour de la table… Son ventre noué reprend soudain vie. Manger. Enfin. Amen. Mais elle ne s’est pas emparée d’un pain surprise trempé dans de la mayonnaise que Margueritte redescend déjà. Les yeux encore rouges, elle a dû mal à cacher son trouble.
- Il y a quelque chose qui ne va pas ? l’interroge Philibert.
Margueritte explose en sanglots et se blottit dans ses bras virils. Peu finit sa bouchée et se saisit d’un œuf.
- Vous pourriez nous laisser un instant seuls ? lui demande Philibert.
Peu s’exécute, après avoir détaché un morceau de poulet, et empoigné quelques radis.
De la pièce d’à côté, Peu n’entend que des bribes de conversation, elle pourrait coller son oreille au mur, mais la curiosité est un 57477042vilain défaut. Son poulet manque de mayonnaise. Elle a laissé le pot sur la table de la cuisine. Ca serait un crime de manger ce poulet fermier sans rien. Mais en même temps elle ne doit pas interrompre la conversation de ses hôtes. Peu est songeuse. Ses papilles salivent. Elle en aurait pour deux petites secondes, à peine le temps de la voir passer… La tentation est trop forte. Et si la gourmandise est un des 7 péchés capitaux, Peu veut bien prendre le risque d’une éternité en enfer pour un peu de bonne chair. Elle n’entend plus les sanglots déchirants de Margueritte. La voie doit être libre. Peu se glisse dans le couloir. Elle s’arrête un instant pour écouter. Cet étrange bruit de frottement l’intrigue. Elle jette un œil furtif dans la cuisine pour s’assurer qu’ils ne la verront pas. Erk. Son regard se fige. Sa rétine percute. Elle pose une main devant sa bouche pour réprimer un haut le cœur et se retient au mur du couloir pour ne pas tomber. Mon Dieu. Peu ferme les yeux pour effacer cette vision d’horreur. Mais l’image de Margueritte et Philibert sur la table de la cuisine dans une position peu catholique reste imprimée sous ses paupières. Peu reste offusquée. Elle ne savait d’ailleurs pas que l’on pouvait faire cela dans ce sens là.

21 mai 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

- C’est pas grave… Y’a pas de mal à se faire du bien, hein ! lance Peu en désespoir de cause. Philibert lui renvoi un clin d’œil libidineux. Mon Dieu.

Episode 11 : Et Dieu créa la femme. Margueritte a un sourire bienveillant. Ses cheveux roux lui coulent le long des épaules. Peu la trouve belle.
- Bien, bien, décide t-elle, de toute façon ça ne nous avancera à rien de regarder cette voiture dans le ravin, rentrons en ville…
Philibert dirige Peu vers leur voiture. Il fait glisser sa main ferme le long de ses reins. Peu soupire. C’est donc sans fin ? Elle s’installe à l’arrière tandis que le couple prend place devant, Margueritte au volant. Cette voiture est chaude et moite. La trace d’une main se dessine encore sur la vitre embuée ; comme dans Titanic qu’elle regardait en cachette au couvent en gloussant avec ses copines. Peu se sent mal à l’aise. Le monde entier semble respirer le vice. Margueritte se tourne vers elle.
- Excusez-moi Peu, pourriez vous me passer la jupe sur laquelle vous êtes assise ?
Peu se confond en excuse et lui tend la jupe. Elle détourne un instant le regard alors que celle-ci l’enfile d’une manière peu pudique. Philibert avance son siège.
- C’est qu’il faut de la place pour ses jolies gambettes… !
Peu attache sa ceinture en rougissant. Quelle nuit…
Après une longue route à travers champs, la petite voiture blanche s’engouffre dans une bourgade. Margueritte ralenti devant une enseigne lumineuse en forme de pneu.
- Si je te dépose ici tu reviens à pied mon loulou ?
- Ça m’étonnerai que ce fainéant se lève… grogne Philibert en claquant la portière.
Margueritte lui souffle un baiser volant, qu’il attrape de la main, tout en faisant un clin d’œil à Peu. L’ignorer. Faire comme si de rien. La voiture redémarre pour se garer un peu plus loin.
- C’est ici !
Peu descend de la voiture et laisse glisser ses yeux sur une adorable maisonnette de poupée. Le jardinet, envahi de nains de tout poil, s’ouvre sur une façade éclairée par de petites guirlandes de couleurs grimpant le long du lierre.
- Bienvenue chez les Rozes !, annonce Margueritte en la laissant entrer à l’intérieur.
Une bonbonnière. Peu n’en croit pas ses yeux. Une bonbonnière géante. Elle qui était habituée à l’austérité de son cloître, découvre un monde rose et acidulé, tendre et coquet.
- Oh mais enlevez votre manteau je vous en prie…
Peu s’agrippe à sa veste. Plutôt mourir que se retrouver en chemise de nuit déchirée.
- Mais voyons, ne soyez pas gênée…
Margueritte passe derrière elle et lui retire son manteau d’un geste ferme. Peu sent son parfum. Un mélange de fleurs et de poivre.
- Oh mais ma jolie, vous êtes bien mal en point. Venez que je vous prête quelque chose…
Elle attrape Peu par la main et la conduit dans sa chambre à l’étage.
- J’ai pris un peu de poids ces derniers temps, et j’ai une robe qui sera parfaite pour vous, attendez que je la trouve…
Elle extirpe une robe fluide rose pâle de sa penderie.
- La voilà. Ca ira parfaitement avec votre teint de porcelaine. Allez hop retirez moi ça…
Peu devient écarlate.200442702_003
- Allons, nous sommes entre filles.
Peu hésite et se dandine.
- Tenez, je vais vous aider.
Margueritte se poste derrière Peu et lui dégage les cheveux de la nuque avec soin. Peu a un frisson. Elle s’est déjà trouvé maintes fois nue devant ses petites copines au couvent, cela ne doit pas être bien différent… Pourtant son corps fourmille. Margueritte s’applique à retirer les boutons de la nuisette de Peu. Ses ongles longs lui grattent le dos. Peu se sent à la fois gênée et rassurée…Ce n’est qu’une femme.

28 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

La camionnette bascule dans le ravin, Projetant Peu contre le volant…Sonnée, elle ouvre ses yeux avec peine, mais juste assez pour apercevoir la silhouette d’un corps de femme……nue ?!!!…

Episode 10 : Adam et Eve. Peu cligne des yeux. Son esprit lui joue t-il des tours ? Que nenni… Croix Rubens_Adam_et_Evede bois croix de fer (si elle ment elle ira en enfer), c’est bien une femme nue, dans son plus simple appareil, qu’elle voit sortir de la pénombre. Avec pudeur, celle-ci se retient les seins et contourne la petite voiture blanche qu’a percuté Peu. Elle ouvre la portière arrière. Un homme en sort. Nu. Lui aussi. Peu détourne les yeux… Elle n’a jamais vu un corps d’homme de si près. Elle n’a jamais vu de corps d’homme tout court d’ailleurs… Erk… Elle n’imaginait pas CA comme ça… Le couple se rhabille vaguement. La femme s’approche du ravin, enveloppé dans une chemise d’homme.
- Je peux vous aider ?! Vous n’avez rien de cassé ?
- Non, non tout va bien, affirme Peu, plus choqué par cette vision virile que par l’accident lui-même.
- Je suis désolée… Ca nous a prit d’un coup. Ca ne nous arrive pas souvent alors quand ça vient, hein…Ca vient…
- Oui, oui la coupe Peu qui ne veut rien savoir.
« L’ignorance est le secret de l’innocence », lui avait confié Sainte Rita, un jour qu’elle lui apparut en rêve. Peu voulait rester innocente, mais le monde autour d’elle semble en avoir décider autrement…
- Venez que je vous aide…
La femme se penche et ouvre la portière passager avec difficulté. Peu parvient à détacher sa ceinture, agrippe le bras de la femme et s’extirpe de la camionnette coincée dans le ravin. Ses jambes tremblent un peu mais elle n’a rien.
- Margueritte, se présente la femme dans un sourire franc.
- Peu, lui répond Peu sans pouvoir vraiment la regarder dans les yeux.
L’homme s’approche d’elles. Il finit d’attacher le ceinturon de son pantalon et évolue torse nu avec une aisance rare.
- Et je vous présente Philibert.
- Enchanté mademoiselle, annonce t-il d’un air presque hilare
- Peu.
- Nous sommes absolument désolés de cet accident et nous en prenons l’entière responsabilité, reprend Margueritte. Il est évident que nous ferons jouer le constat en votre faveur…
Un constat ? Il faudrait donc présenter un permis ? Des papiers ? Une sueur froide prend Peu. Une idée. Vite.
- C’est pas grave… Y’a pas de mal à se faire du bien, hein ! lance Peu en désespoir de cause.
Philibert lui renvoi un clin d’œil libidineux. Mon Dieu.

14 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

Pendue par les bras à une corde de couvertures, à 2m du sol, les fesses en l’air, la tête en bas, les cheveux aux vents et sa médaille entre les dents, Peu se dit que Dieu cherche peut-être à lui faire payer quelque chose… Elle ne lui soupçonnait pas un tel sens de l’humour…

Episode 9 : Drôle d’endroit pour une rencontre.Aurélien écrase sa clope sous sa chaussure. Peu soupire de soulagement. Tous ses muscles se convulsent sous la douleur. Il retourne à l’intérieur. Par sécurité Peu attend encore quelques instant. Elle n’en peut plus. Elle croit entendre ses pas dans les escaliers. Soulagée, Peu lâche tout et s’écrase au sol dans un bruit mat. Elle n’avait pas pensé ces dalles de pierre si dur. Elle ne prend même pas le temps d’avoir mal et se relève, assommée. Fuir. Le plus vite possible. Dans une démarche de faon apprenant à marcher, Peu s’engouffre dans la nuit noire. En tâtonnant elle tombe sur une carrosserie. La camionnette ! Peu se glisse à l’intérieur du véhicule. Père Mathieu lui a montré comment démarrer la vielle deux chevaux du couvent sans clefs, une fois, le jour où sœur Annabelle avait décidé de se suicider en les avalant… C’est maintenant qu’il faut s’en souvenir. Peu se jette sous le volant et fouille dans les fils qui pendent. « Le fil bleu avec le fil bleu et le fil rouge avec le fil rouge… » se souvient-elle triomphante… (« A moins que ça ne soit dans La grande vadrouille… ») Naturellement habile, Peu parvient à démarrer la voiture. Plein phare, elle embraye dans un bruit de tonnerre et passe la 1ère. Elle quitte la cour en trombe et tourne sur la grande route juste à temps pour apercevoir Aurélien agitant les bras devant l’entrée. « Adieu bel homme, mon heure n’était pas venu, ainsi Dieu l’a voulu… » Peu se sent grandi d’une force nouvelle, elle a résisté à la tentation et se sent plus femme que jamais. 109900Ce nouvel affranchissement de l’empêche pas de constater que sa conduite est plus que pitoyable. Ne sachant ni allumer les phares ni passer la 2ème vitesse, Peu se contente de rouler au fond de la 1ère, une roue dans la pente du ravin longeant la route. Rien ne l’arrêtera. Peu roule ainsi des heures. La fatigue l’engourdit. Elle chante des « Ave Maria » pour se tenir en éveille. Il lui arrive parfois, elle ne le confessera que plus tard, de fredonner un air de Britney. Encore une femme forte qui a su refuser de s’offrir avant le mariage. C’est du moins ce que pense Peu l’ingénue… Elle entame un nouveau couplet de « Oops I did it again » lorsque tout à coup un violent choc retentit dans un bruit de tôle ondulée.
La camionnette bascule dans le ravin, Projetant Peu contre le volant…Sonnée, elle ouvre ses yeux avec peine, mais juste assez pour apercevoir la silhouette d’un corps de femme……nue ?!!!…

09 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Au prix de brûlures certaines, Peu réussit à s’extirper dehors, sur le toit. Elle prie pour que la nuit soit avec elle…

Episode 8 : Et si Dieu aimait rire un peu ?Peu récite trois « Pater Noster », et s’élance en rappel contre la façade de la maison. Pater noster, qui es in caelis. Elle s’agrippe fort à la couverture qui lui sert de cordage. Celle-ci semble bien supporter son maigre poids. Sanctificetur nomen tuum. Elle lâche du mou petit à petit, maîtrisant parfaitement son escalade. Ses pieds nus agrippent la pierre grise du mur. Adveniat regnum tuum. La nuit est silencieuse. Peu descend doucement. Fiat voluntas tua. Ses bras tremblent sous la douleur, mais Peu continue de glisser le long de la corde, imperturbable. sicut in caelo et in terra. Le sol n’est plus qu’à deux mètres maintenant, elle pourrait presque sauter de là où elle est. Panem nostrrrrr…… Une porte claque. Peu tressaille. C’est celle de l’entrée, juste en dessous d’elle. Aurélien en sort. Elle devient livide. Il sort un paquet de tabac de sa poche arrière et commence à rouler une clope. Il ne l’a pas vu. Il ne la voit pas, elle, qui a moins d’un mètre au-dessus de lui, concentre toutes ses forces à ne pas lâcher la corde. Ses doigts de pieds se crispent sur la roche. Elle les sent lâcher prise peu à peu. Le petit doigt d’abord, puis chacun de ses doigts de pieds jusqu’au pouce ! Plus rien ne la retient au mur. Agrippée à la corde, elle bascule silencieusement et se retrouve la tête en bas. Ses cheveux touchent presque ceux d’Aurélien qui fume en regardant la campagne. Peu retient son souffle. Dans cette position de chauve souris, le sang lui vient à la tête dans un picotement intense. Tenir. Tenir assez longtemps pour ne pas être repérée. Soudain Peu sent quelque chose bouger dans sa poitrine. Mon Dieu. Elle étouffe un cri. Sa chaîne est en train de glisser. Elle sent son pendentif couler entre ses seins. Ses deux mains serrent fort la couverture, elle ne peut pas arrêter la descente de ce fichu collier ! Désespérée, elle entreprend de contracter ses seins pour coincer le médaillon. En vain :peu habituée à cet exercice, elle ne parvient pas à serrer assez fort sa poitrine pourtant généreuse. Sa petite médaille à l’effigie de Sainte Rita, la patronne des causes désespérées glisse lentement mais sûrement. Sainte Rita, c’est maintenant ou jamais. Personne ne l’entend et Sainte Rita loge maintenant dans son cou. La chaîne est trop grande, elle va la perdre ! A bout de forces et d’idées, Peu se dit qu’elle ferait peut-être bien d’abandonner. Abandonner ? Et s’offrir à lui ? Jamais ! La chaîne glisse pour de bon et se détache de son cou. Avec une adresse incroyable, Peu rattrape le médaillon au vol et le coince entre ses dents. La chaîne stoppe sa chute juste à temps, caressant presque le front d’Aurélien qui finit sa cigarette… Pendue par les bras à une corde de couvertures, à 2m du sol, les fesses en l’air, la tête en bas, les cheveux aux vents et sa médaille entre les dents, Peu se dit que Dieu cherche peut-être à lui faire payer quelque chose… Elle ne lui soupçonnait pas un tel sens de l’humour…

06 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Une sensation étrange l’envahit. Elle n’a jamais connu ça auparavant. Ca brûle dans son ventre, et même en dessous. Son cœur bat trop fort. Dieu cherche t-il a la mettre à l’épreuve ?

Episode 7 : « Ne nous soumets pas à la tentation ». Aurélien pose ses lèvres sur les siennes. Un long frémissement envahit Peu. Cela va trop vite. Elle ne se sent pas prête. Tant d’années à conserver une virginité pour ne l’offrir qu’au mari qu’elle aimera, elle ne peut pas céder à la tentation si facilement…Mais retirer ses lèvres de celle d’Aurélien est au-dessus de ses forces. C’est si doux. Leurs langues s’entremêlent. Elle sent son corps un peu plus près du sien. On peut deviner les muscles saillant d’Aurélien sous sa chemise. Sa main lourde et noueuse remonte le long de du ventre de Peu et s’arrête sur son sein, qu’il presse sensuellement. Un sursaut prend Peu. A non ! Trop, c’est trop ! Elle repousse brusquement Aurélien…
- Il me faut du temps… murmure Peu déboussolée.
- Très bien, j’comprends.
Aurélien semble ravaler ses pulsions. Il continue cependant à la dévorer des yeux…
- J’reviens dans une heure…Prends ton temps…
Peu n’en croit pas ses oreilles… Une heure ? Il va revenir ? Et là, elle devra s’offrir à lui ? Et pas seulement les seins, mais les cuisses et le reste… Les larmes lui montent aux yeux. Pourquoi ne lui a t-on pas appris les choses de la vie dans son couvent ? Les hommes sont-ils tous des bêtes ? Aurélien referme la porte derrière lui. Peu se précipite derrière lui et tourne le verrou. Celui-ci tient mal. Un coup d’épaule le ferait sauter. Elle agrippe alors son lit et le fait glisser le plus doucement possible. Il ne faut pas qu’il l’entende. Ses bras lui font terriblement mal. Elle se mord les joues pour ne pas crier. Finalement, au prix d’un effort insurmontable, elle parvient à bloquer la porte avec le lit. Aussitôt elle se met à défaire tous les draps et les couvertures qu’elle attache les uns aux autres. Cette fenêtre est petite mais elle y passera… Ce n’est pas la soupe et les groseilles qu’elle a avalé ces derniers jours qui l’empêcheront de sortir par une lucarne ! Elle accroche une des couvertures au pied du lit et fini son cordage de fortune par deux tours à sa taille. Elle grimpe sur une chaise et regarde par la fenêtre. Celle-ci donne directement sur la cour, au niveau de la porte d’entrée. Il faudra faire attention de ne pas se faire voir des fenêtres du salon. Peu ouvre la vitre et se hisse sur ses deux bras. Ses hanches coincent un peu au passage de l’ouverture. Elle pousse de plus belle. Elle se coupera les jambes si Dieu le veut ! Au prix de brûlures certaines, Peu réussit à s’extirper dehors, sur le toit. Elle prie pour que la nuit soit avec elle…

04 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent :

Les champs se perdent à l’horizon. Le lait de vache lui tient au ventre. Elle se sent apaisée. Le couvent doit être loin maintenant.

Episode 6 : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». La Image_2camionnette se gare dans la cour pavée d’une fermette (c’est une petite ferme). Aurélien lui fait signe de descendre et referme la portière derrière elle. Il la prend sous son épaule, Peu se blottit contre sa veste en laine. Il sent le bois de cèdre et le cigare. Il l’emporte jusqu’à l’intérieur. Là, il l’installe sur une chaise à bascule et s’active devant la cheminée. Le feu prend, et brûle les joues roses de Peu. Après une bonne sieste au coin du feu et une soupe chaude, elle est à nouveau sur pieds.
- Tu passes la nuit ici et demain j’te raccompagne chez toi.
Un vent de panique gagne Peu.
- Je n’ai pas de chez moi.
- T’as pas de famille ? D’où tu viens comme ça ?
- De nulle part. Je n’ai pas de famille.
Aurélien la dévisage et s’arrête sur son chausson unique et sur le bout de chiffon blanc qui dépasse de sa veste.
- Moi j’crois qu’tu viens de chez les bonnes sœurs…
Démasquée… Prise à son propre piège Peu se dit que le seul moyen de s’en sortir serait une double balayette, un upecut direct, un crochet dans le nez, et de courir vers la sortie… Mais elle est encore trop faible. Il a de la chance…
- Ne t’inquiète pas, j’suis avec toi. J’irais pas te dénoncer, va… Quoi qu’elles vont te chercher, les vieilles. J’prends un grand risque en te cachant ici…
Aurélien s’accroupi près du fauteuil de Peu. Il a un sourire tendre. Elle le trouve terriblement beau. Il s’avance plus près d’elle et remet une mèche de ses longs cheveux. Peu sent sa main chaude glisser le long de sa joue puis se perdre dans son cou. Un frisson la traverse.
- Voilà, on voit mieux tes yeux. Tu as de très jolis yeux…
Tout va trop vite. Elle se raidit.
- N’aie pas peur… Je saurais attendre…
Il se relève. Peu tremble presque.
- Ptit bout femme…
Il la regarde encore un instant, les yeux plein de désir.
- Allez viens j’te montre ta chambre.
Peu le suit d’un pas hésitant.
A l’étage, il lui montre une petite chambre sombre. Une lucarne étroite laisse passer un faible rayon de lune.
- Tiens, v’là des couvertures de plus, ca s’raffraîchit drôlement la nuit… Si t’as le moindre problème, j’suis dans la chambre juste à côté.
Il regarde Peu se glisser sous les draps. Elle n’ose pas retirer sa veste devant lui, alors elle se couche avec. Il lui dépose une lourde pile de couvertures au niveau de ses pieds et s’assied sur le rebord du lit. D’un geste lent il la borde, plongeant ses yeux dans les siens. Il est tout près. Peu peut sentir son souffle brûlant contre sa peau. Une sensation étrange l’envahit. Elle n’a jamais connu ça auparavant. Ca brûle dans son ventre, et même un peu en dessous. Son cœur bat trop fort. Dieu cherche t-il a la mettre à l’épreuve ?

01 avril 2007

Le jour où Peu s’est enfuie de son couvent

Dans un dernier sursaut, Peu se jette par-dessus la haie et s’écrase dans le ravin. La chute est violente. Ses muscles se détendent. Un voile froid la parcourt. Il fait noir.

Episode 5 : Il s'appelait Aurélien... Tout le corps de Peu tremble frénétiquement dans un bruit de tôle ondulée. Est-ce l’enfer ? Peu ouvre un œil. Tout est flou et bouge rapidement. Peu referme mollement les yeux. Elle est soudain projetée en avant. Un klaxon éclate dans ses oreilles. « Nom di diou… Tu les veux mortes tes vaches ?! » Un klaxon ? Peu ouvre les yeux. Un troupeau de vaches défile. Etrange. A côté d’elle un jeune homme d’une trentaine d’année est accoudé à sa fenêtre ouverte. Peu s’arrête sur le parechoc du véhicule. Rouge. La camionnette s’est bien arrêtée. Elle a réussi. Un timide sourire se dessine sur son visage. Le jeune homme se tourne vers elle.
- Alors comment va ma ptite protégée ?
Peu le dévisage. Il a des yeux profonds de la même couleur de son bleu de travail. Ses traits sont grossiers, sa peau abîmée par le soleil, mais il dégage un charme fou. Une douceur infinie.
- Tu veux un peu d’lait sucré ?
Peu hoche la tête. Il fouille à l’arrière et revient avec un pot métallique dans lequel il plonge une louche.
- Tiens, ça va requinquer mon pti oisillon ça…
Il lui tend la louche. Peu trempe frénétiquement ses lèvres dans le lait qu’elle boit goulûment. Elle saisie la louche et se ressert d’elle-même.
- Ah ça fait plaisir tant d’appétit ! Moi c’est Aurélien.
- Peu, murmure Peu entre deux lampées.
Aurélien lui offre un sourire rassuré et embraye sa vieille voiture. Il contourne une dernière vache, fais un signe de la main à son collègue73401677et file à travers campagne. Peu regarde défiler le paysage. Elle n’a jamais vu autant d’espace vide. Les champs se perdent à l’horizon. Le lait de vache lui tient au ventre. Elle se sent apaisée. Le couvent doit être loin maintenant.




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